Portrait de Xavier Lemonde

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La Gestion des Ressources Humaines relève des entreprises, en quoi le territoire vient enrichir cette approche ?

L’UESS est une Association Loi 1901, fondée en 2002, administrée par des chefs d’entreprises du Territoire. Son fondateur Jacques BARDOUIN est issu d’une famille de Distillateurs, les Distilleries et Domaines de Provence à Forcalquier. L’université s’est donnée 3 missions :

 > Accompagner le développement des entreprises et des compétences,

 > Promouvoir la culture scientifique technique et industrielle,

 > Valoriser les territoires et les savoir-faire traditionnels locaux.

Ainsi, l’UESS développe plusieurs activités :

 > Un centre de formation, connu pour sa formation de savonnier à froid ;

 > Des ateliers de sensibilisation aux senteurs et saveurs pour le Grand Public ;

 > Un Musée qui retrace l’histoire du Territoire depuis la cueillette de plantes aromatiques et médicinales sur la Montagne de Lure, jusqu’au développement de PME à caractère industriel aujourd’hui, en passant par la mise en culture des plantes, au premier rang desquelles la Lavande et le Lavandin ;

 > Un magasin, show-room des produits des PME du Territoire,

 > La coordination de projets de recherche sur les thématiques des senteurs et saveurs.

Quel ancrage territorial de l’UESS sur le territoire de Forcalquier ?

L’ancrage de l’UESS est multiple :

 > Par l’occupation d’un lieu historique, dont l’Université a piloté la réhabilitation,

 > Par sa gouvernance : des chefs d’entreprises locaux,

 > Par son Musée, non délocalisable !!!

 > Et demain, par un renforcement des animations qui provoquent la Rencontre :

   – Entre les dirigeants des PME et le monde de la Recherche, le monde des Idées,

   – Entre les entreprises, les citoyens autour des senteurs et des saveurs partagées,

   – A l’articulation de la culture, de l’économie, des enjeux contemporains écologiques, énergétiques, sanitaires …

J’entends par là que l’Université Européenne des Senteurs et des Saveurs ne puisse être inconnue des habitants du Territoire. Chacun doit pouvoir y vivre une expérience.

Quelles compétences l’UESS déploie-t-elle pour appuyer l’écosystème des Plantes Aromatiques et Médicinales du territoire ?

On parle d’écosystème car, en aval de la production des plantes aromatiques et à parfum, se sont structurés plusieurs secteurs industriels : dans l’agro-alimentaire, la Distillerie, dans le cosmétique, dans les parfums d’ambiance. Ce n’est donc pas une filière au sens strict. L’écosystème fait du lien entre toutes ses entreprises et les acteurs du territoire. Nous appuyons cet écosystème en répondant aux besoins de ses entreprises : aujourd’hui, sous la pression du marché, on sent un regain d’intérêt pour un sourcing de proximité ; l’UESS est sollicitée pour accompagner la structuration de filière courte, locale. Il s’agit de mettre en relation le producteur, l’extracteur, le formulateur. Sur le papier, cela semble facile, mais chemin faisant apparaissent des freins techniques à la production, des freins réglementaires pour pouvoir vendre, des problématiques qualitatives sur les principes actifs ou composés aromatiques, et enfin des questions économiques lorsque les charges de structures des producteurs ont du mal à être amorti sur des petites surfaces ou petites commandes.

Au bout de 4 mois de direction, je propose au Conseil d’Administration quelques pistes pour renforcer cet écosystème :

 – D’abord une posture de partenariat : l’UESS est trop petite pour répondre à des besoins spécialisés. Et donc par des partenariats on recherche les réponses. Dans un premier temps, nous allons solliciter un partenariat avec le Pole Innovalliance, pôle de compétitivité basé à Avignon pour que leurs services soient mis à disposition des entreprises du Territoire Haut Provençal,

 – Nous proposons la construction de formation à la carte, pour répondre au plus près des besoins des entreprises dans une pédagogie formation/action,

 – Le développement d’un réseau en proposant des événements, des conférences mêlant les publics dans ce lieu majestueux (exemple : le 9 octobre : les processus de rééducation sensorielle post-COVID, avec un chercheur du CNRS.

Contrairement à l’image que l’on se fait de l’Université, ce n’est pas le détenteur d’un savoir, d’un savoir académique ; c’est un espace de rencontre où il faut savoir être à l’écoute pour mettre en relation les acteurs. Je crois que le Programme Territoire Apprenant m’a interpelé sur le mot « Rencontre », et donne le sens à la suite de mon engagement à la direction de cette Association.